Guadeloupe
09/03/2010
Par Rfo.fr (avec AFP)
FOOTBALL. Thuram vole au secours de Domenech
Invité sur une radio, Lilian Thuram est sorti de son silence pour commenter les performances de l’équipe de France et s’est posé en défenseur du sélectionneur.
Contrairement à certains de ces anciens coéquipiers, Lilian Thuram a défendu Raymond Domenech - FRED DUFOUR ©AFP
Raymond Domenech a dû apprécier. Après la déroute face à l’Espagne au Stade de France mercredi dernier (défaite 2-0), le sélectionneur français a pu compter sur le soutien de Lilian Thuram. Attaqué de toutes parts, notamment par les anciens internationaux, pour le jeu proposé, ses analyses d’après-match sentant bon la mauvaise foi ou ses choix tactiques, les paroles du Guadeloupéen ont dû le soulager. Le recordman des capes en équipe de France (142), invité sur RTL, a essayé de dévier les attaques dont est la cible le technicien. "Il ne faut pas se focaliser sur l’entraîneur, il faut avant tout responsabiliser les joueurs" a-t-il modéré. Prenant exemple sur sa propre carrière, il a tenu à rappeler l’importance de la solidarité dans le bon fonctionnement d’un collectif. "Il faut se mettre à disposition de l’équipe. Joueur, je me suis toujours regardé en me disant : Qu’est-ce que je peux faire de plus pour l’équipe ?", a-t-il insisté.
Le dernier rempart de Domenech a toutefois trouvé des motifs de remise en cause du travail du sélectionneur. "Si je devais faire un reproche à Raymond Domenech, a-t-il dit, c’est de ne pas avoir choisi quelqu’un, un mec en place pour cinq matches. Et même s’il se trompe, il faut recommencer". Thuram s’est même mouillé en nommant le binôme qu’il alignerait. "Cela fait très longtemps qu’il aurait fallu essayer Abidal-Gallas, j’en ai discuté avec lui (Domenech), je lui ai dit. Jouer dans l’axe, c’est très délicat, il faut une symbiose entre les deux joueurs d’axe", a-t-il précisé. Une charnière centrale que le sélectionneur aurait sans doute recréé si les deux joueurs n’avaient pas été blessés.
Bouée des hommes à la dérive, l’ancien défenseur de la Juventus a également pris la défense de Julien Escudé, particulièrement mis à mal après sa prestation face à l’Espagne. "Escudé est un très bon joueur, mais vous savez qu’il est lent, il ne faut pas le laisser en un contre un, mais ce n’est pas l’entraîneur qui décrète ça, c’est l’intelligence du coéquipier, "je vais le bonifier, respecter ses qualités". Escudé, il joue extrêmement bien au ballon, cela veut dire que la première relance, c’est lui. C’était pareil avec Laurent Blanc (relanceur, ndlr) et Marcel Desailly (fort dans les un contre un, ndlr)", a-t-il expliqué.
A trois mois de la Coupe du Monde, alors que la pression populaire a encore réclamé son départ avec véhémence au Stade de France, que le nom de son successeur devrait être connu courant mai, qu’il n’a jamais autant été en difficulté, le sélectionneur a dû apprécier la bouffée d’oxygène offerte par son ancien capitaine.
