Guadeloupe
04/03/2010
Par Benoît JOURDAIN
FOOTBALL. Equipe de France : Blancs cassés
L’équipe de France s’est inclinée 2-0 devant l’Espagne hier au Stade de France, confirmant ses approximations, son manque de fond de jeu et ses difficultés. Est-ce grave ?
Nicolas Anelka et Thierry Henry ont été sifflés à leur sortie lors de la défaite contre l’Espagne 2-0 - FRANCK FIFE ©AFP
Ils avaient à cœur de bien faire. En recevant l’Espagne, les Bleus avaient l’occasion de donner à leurs supporters des raisons d’espérer en vue de l’Afrique du Sud. Face à la meilleure équipe du monde, ils voulaient démontrer qu’ils valaient mieux que l’équipe tétanisée par l’enjeu, remplie de trouille qui s’était sortie péniblement du piège irlandais il y a trois mois et demi dans l’enceinte du Stade de France. Certains joueurs étaient attendus. A l’entame du coup d’envoi, Ribéry, qui faisait son retour, avait le mors entre les dents et la rage au ventre, Henry, abonné au banc de touche à Barcelone, était désireux de prouver qu’il avait toujours ses jambes de 20 ans, Ciani pour sa première, espérait imposer son physique face aux vifs attaquants espagnols… 90 minutes après, le résultat (2-0) est là, froid et cinglant, le constat inquiétant.
Anelka et Henry, pires aînés
Ca avait commencé comme prévu. L’Espagne monopolisant le ballon, la France faisant bloc et accélérant dès qu’elle le récupérait. Pourtant, la Roja était moins clinquante qu’à l’accoutumée, Xabi Alonso perdant quelques ballons au milieu de terrain face à la pression des Bleus bien décidés à imposer leur puissance physique. Cela ne débouchait pas sur des situations dangereuses même si une talonnade de Thierry Henry dans la course de Gourcuff, à l’approche de la surface, aurait peut-être mérité meilleur sort. C’est d’ailleurs une action du joueur de Barcelone qui va décanter la situation. Il récupère le ballon au milieu de terrain, tergiverse à transmettre à Anelka ou Gourcuff et sa passe est interceptée. La sanction est immédiate, Iniesta lance Silva qui, feinte ou pas, laisse passer à Villa qui s’en va tromper Lloris en un contre un. 1-0 à la 21e minute. Déjà les "olé" espagnols se font entendre des tribunes alors que les joueurs ibériques entament un toro (jeu de passes rapides) avec les Français. De quoi piquer les "anciens" Anelka, Henry dans leur orgueil. Mais la réaction se fait attendre. Le joueur de Chelsea touche très peu de ballons, son compère chez les Espoirs perd la plupart de ceux qu’il reçoit. Et juste avant la mi-temps, après un nouveau ballon perdu par Gourcuff devant sa surface suite au pressing de trois joueurs espagnols, Xabi Alonso trouve Sergio Ramos à droite. Le défenseur du Real crochète Escudé et enchaîne par une frappe du gauche. Le ballon contré par le malheureux défenseur de Séville finit au fond des filets. 2-0 à la 45e minute.
Pas de quoi s’inquiéter selon Domenech
Au retour des vestiaires, les joueurs changent, la situation demeure. Torres a remplacé Villa, Xavi est entré à la place de Fabregas et Raul Albiol a pris celle de Puyol. L’attaquant de Liverpool ne tarde pas à se mettre en action : double grand pont sur Michaël Ciani. Les Espagnols continuent leur passe à 10, face à des Français qui multiplient les courses dans le vide. A force de courir après un ballon qui les fuit, les organismes s’épuisent et Raymond Domenech décident de faire des changements à l’heure de jeu. La sanction pour les sortants est terrible. Ribéry sifflé, Anelka idem et Henry, pourtant accueilli par des applaudissements à l’annonce des équipes, également. Les rentrées de Malouda, Cissé et Govou ne changent rien au tableau d’affichage, même si les deux derniers cités se procureront l’occasion la plus dangereuse, le centre de l’attaquant étant repris par la tête du Guyanais qui terminera sur le poteau de Casillas. Au coup de sifflet final, le sélectionneur tricolore déclarait qu’il n’était pas "aussi catastrophé" que les journalistes qui l’interrogeaient. Les "Domenech démission", le fond de jeu abyssal, le sélectionneur s’en moque et trace sa route jusqu’en Afrique du Sud où il donne rendez-vous… La route est encore longue et le voyage risque d’être chaotique, à l’image de la rencontre d’hier.
