Guadeloupe
25/06/2010
Par Rfo.fr (avec AFP)
SANTE. A la recherche de la chlordécone perdue
Des parlementaires ont estimé jeudi "plus que jamais indispensable de rechercher la trace des 1.500 tonnes de chlordécone perdues dans le monde".
Les parlementaires Jean-Yves Le Déaut (photo) et Catherine Procaccia ont produit un rapport sur les pesticides aux Antilles © AFP
Evoquant le "lien maintenant établi entre la chlordécone et la recrudescence du risque de cancer de la prostate, il est plus que jamais indispensable de rechercher la trace de ces 1.500 tonnes perdues de cet insecticide ancien dont une grande partie a été importée en République fédérale allemande", ont-ils souligné dans un communiqué.
Les deux parlementaires, Catherine Procaccia, sénateur UMP du Val-de-Marne, et Jean-Yves Le Déaut, député PS de Meurthe-et-Moselle, avaient présenté en juin 2009 un rapport sur les pesticides aux Antilles, au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), accessible en ligne (ici).
Utilisé en Europe de l’Est
Selon une étude de l’Inserm "Karuprostate" (de Karukera, nom caribéen de la Guadeloupe), l’exposition au chlordécone, insecticide perturbateur endocrinien employé aux Antilles françaises jusqu’en 1993, est associée significativement à une augmentation du risque de survenue du cancer de la prostate.
Cet insecticide utilisé pour lutter contre le charançon du bananier, dont l’usage a été interdit dans le monde, aurait été amplement utilisé en Allemagne et en Europe de l’Est, selon le rapport parlementaire français.
Il a été produit aux Etats-Unis entre 1958 et 1976, avant son interdiction à la suite d’une grave pollution. Cependant, les Américains ont continué de le faire produire au Brésil.
Au total, 1.800 tonnes de chlordécone ont été produites et exportées entre 1958 et 1991. La France a indiqué en avoir utilisé 300 tonnes aux Antilles jusqu’en 1993.
Disséminé dans le monde
Quant aux 1.500 tonnes restantes, le rapport indiquait en avoir retrouvé en faibles usages en Amérique du Sud (Belize, Equateur), en Afrique (Cameroun, Côte-d’Ivoire) et "de façon plus massive en Allemagne et en Europe de l’Est". Toujours d’après ce rapport, la société allemande (RFA) Spiess und Sohn a importé jusqu’en 1976 de grandes quantités d’un produit dosé à 80% de chlordécone, le Kélévane, pour lutter contre les agresseurs de la pomme de
terre. Elle a aussi réexporté une partie de ce produit vers les pays de l’Est (ex-RDA, Pologne, ex-URSS dont Ukraine).
