Guadeloupe
12/02/2010
Par Catherine LE PELLETIER
ENVIRONNEMENT. La Guadeloupe sous un linceul de cendres
Vers 12h30 (heure locale) jeudi, le dôme de la Soufrière Hills à Montserrat s’est effondré. Ses cendres ont été projetées dans un panache de 10 000 mètres de hauteur.
En vidéo
-
La Guadeloupe sous un linceul de cendres
La Guadeloupe a essuyé une pluie de cendres hier. En cause l'effondrement partiel du dôme de Monserrat, ile voisine de la Guadeloupe.
Le sommet du volcan a pris quelques 45 minutes pour s’effondrer.
La plupart des voitures ont été recouvertes de cendres © Catherine Le Pelletier/France Télévisions
La Guadeloupe grise
Nuée ardente et nuage de cendres
ont suivi l’effondrement du dôme de la Soufrière de Montserrat. Un énorme nuage de
poussières et de cendres a été propulsé dans l’atmosphère et projeté vers
l’ouest, il a atteint la
Guadeloupe vers 18h. La retombée des cendres s’est faite très
rapidement, les vents y étaient favorables. En revanche, en sens inverse, c’est
plutôt la stagnation. Les cendres restent et s’incrustent sur place, il n’y a
pas de vent pour les dégager.
L’isolement
Depuis jeudi, l’aéroport Pôle Caraïbes a fermé ses portes. Parce que la visibilité
était nulle sur la piste mais aussi en l’air, les avions ont été détournés vers
Fort-de-France ou vers la
République de Saint-Domingue. Le nuage, épais, a encerclé la Guadeloupe, empêchant
ainsi toute communication aérienne.
Ecoles fermées
Les routes sont praticables, mais
totalement inondées de cendres, en couches épaisses. La visibilité était très
faible hier soir. Pour éviter tout risque, Jean Fabre, le préfet de Guadeloupe,
a décidé de la fermeture de tous les établissements scolaires de l’île, privés
et publics, en primaire comme en secondaire. Une mesure qui prévient tout risque
d’irritation pour les enfants, même si les autorités affirment qu’il n’y a
aucun risque pour l’homme. Il est cependant recommandé aux asthmatiques et aux
déficients respiratoires chroniques de rester chez eux.
Les prévisionnistes précisent que la Guadeloupe restera sujette aux gênes provoquées par les nuées de cendres une bonne partie de la journée de vendredi. Pour Christian Anthenor-Habazac, directeur technique de l’Observatoire volcanologique de la Guadeloupe, le processus suit son cours et peut reprendre à tout moment avec une intensité variable.
Pas de tsunami, mais vigilance
jaune en mer
S’il n’y a heureusement pas de
risque de tsunami, la vigilance jaune en mer est appliquée. De grosses vagues
sont en effet attendues dans des zones qui habituellement n’en ont pas du tout.
Toute la côte Caraïbe
est donc placée en état de vigilance. Les premières vagues sont attendues ce
vendredi, dans la soirée.
Souffrière de Guadeloupe © Catherine Le Pelletier
Soufrière Hills
Le volcan Soufrière Hills de Monsterat
est entré en activité le 18 juillet 1995. Depuis, des phases de repos ont
succédé à plusieurs phases d’activité. La dernière explosion notable ressentie
en Guadeloupe a eu lieu le 18 septembre 1996, à 1h du matin. Là également, un
énorme nuage de fumée avait enveloppé la Guadeloupe. Le
volcan poursuit sa phase éruptive et le même type de phénomène peut se
reproduire à n’importe quel moment, il n’est pas prévisible. Aujourd’hui,
seules 4000 personnes habitent Montserrat. Avant le phénomène, l’île comptait
12 000 habitants.
La Soufrière de Guadeloupe
Il n’y a pas de lien direct entre
la Soufrière
de Guadeloupe et la
Soufrière Hills de Montserrat. En Guadeloupe, on observe un débit gazeux en
voie d’augmentation, une activité hydrothermale et des fumerolles. Aucune
activité profonde n’a été décelée. Mais les fumerolles de la Soufrière restent bien visibles.
